Semaine PSL sur l'eau

Une semaine pour mieux comprendre comment valoriser la ressource en eau, au travers de cours et de mises en situation. Cette semaine a été organisée dans le cadre de PSL et a été suivie par des étudiants de MINES ParisTech, de l'ESPCI et de Chimie ParisTech

Dans plusieurs de ses rapports, la Food and Agriculture Organisation (FAO) a souligné le fait que l’approche économique des questions liées à l’eau avait tendance à limiter la valeur de l’eau à ses aspects monétaires. Cet organe des Nations Unies incite ainsi à une plus grande prise en compte des valeurs aussi bien écologiques, nutritives que sociales de l’eau. C’est dans cet esprit qu’a été construite la semaine Paris Sciences et Lettres (PSL) sur la valeur de l’eau, qui a eu lieu du 21 au 25 novembre.

L’idée a été d’ouvrir les étudiants venus des différentes institutions de PSL à des méthodes de valorisation diverses, qui ne passent pas nécessairement par des outils de monétarisation. L’objectif est ainsi de dépasser une approche par la seule facture et d’épaissir le concept de valeur de ses différentes acceptions.

Les présentations des premiers jours ont à la fois permis de brosser un tableau détaillé des approches disciplinaires de la valeur (en sociologie, en linguistique, en sciences politiques, en philosophie, en économie, etc.) et de détailler le fonctionnement de certains types de valeur comme la valeur de legs ou la valeur d’usage.

Visite de l'écotron de Foljuif

Ces présentations théoriques ont été complétées par une journée sur le terrain, pour voir l’une des facettes de la valeur de l’eau en acte, celle liée aux services rendus par les écosystèmes. La visite de la plate-forme d’écologie expérimentale de l’ENS à Foljuif a permis aux étudiants d’aborder la question de l’eau à travers le prisme des questions de préservation de la biodiversité et de pollution. L’un des enjeux est notamment de savoir comment évaluer l’état de santé d’un écosystème afin de déterminer comment le protéger.

 

 

Le cas d'Hyères-les-Palmiers

La deuxième partie de la semaine a été consacrée à une mise en situation, pour forcer les étudiants à établir leur valeur de l’eau et à la défendre dans un jeu de rôles. Le contexte choisi était celui d’un projet dans la ville d’Hyères-les-Palmiers, dans le Var. Chaque étudiant s’est vu attribué un rôle personnel, et chacun a été associé à l’un des acteurs du jeu de rôles (l’opérateur privé de réseaux, les gros consommateurs, les élus, l’administration, une association environnementale, les petits consommateurs, les commerçants, etc.). Les étudiants devaient établir leur valeur de l’eau, et se fixer une feuille de route pour la défendre au sein de leur groupe et face aux autres acteurs. Devant l’importance grandissante de remontées salines altérant la qualité de l’eau et des pressions toujours plus fortes sur les ressources, les différents acteurs devaient prendre position sur une option technologique permettant de traiter le problème en fonction de leurs intérêts comme acteur et sur une manière de calculer leur valeur de l’eau. Les différentes étapes du jeu ont permis aux acteurs de faire avancer leurs arguments, et de prendre conscience du caractère éminemment politique de ces questions liées à la valeur de l’eau. Certains groupes n’ont ainsi pas hésité à renverser les principes du jeu, pour refuser l’idée d’une valeur unique de l’eau et préparer une possible négociations entre les différentes parties sur une valeur négociée et partagée.